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Paie et RH : les 5 réformes qui redessinent la fin d’année 2026 et le début 2027

Mise à jour le 15 septembre 2026 6 min

Par Cindy Roméo

Cheffe de Marché Paie et RH

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#Logiciel Paie

La rentrée a ouvert un cycle réglementaire dense pour la paie et les ressources humaines. Entre les mesures déjà applicables depuis le 1er septembre 2026 et celles qui prendront effet au 1er janvier 2027, cinq sujets structurants demandent votre attention. Les anticiper, c’est transformer une série d’obligations en une occasion de fiabiliser vos processus et de renforcer la relation avec vos collaborateurs.

Voici l’essentiel à retenir sur chacune de ces échéances.

1. Arrêts de travail : un cadre plus strict depuis le 1er septembre 2026

C’est la mesure dont l’effet est le plus immédiat sur votre quotidien. Depuis le 1er septembre 2026, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 encadre pour la première fois la durée des prescriptions d’arrêt de travail.

Concrètement, une première prescription ne peut désormais plus dépasser 31 jours, et chaque prolongation est plafonnée à 62 jours. Le médecin conserve la possibilité de dépasser ces seuils lorsque l’état de santé du patient le justifie, à condition de le motiver sur la prescription. Autre nouveauté : le motif médical de l’arrêt devient obligatoire, et les contrôles sont renforcés pour certaines situations.

Pour vos équipes, la conséquence pratique est claire : les renouvellements d’arrêts vont se multiplier. Chaque prolongation appelle une vigilance accrue sur les déclarations en DSN, sous peine de retards dans les remboursements d’IJSS. C’est aussi le moment de vérifier vos contrats de prévoyance et de structurer un suivi centralisé des absences.

2. Rupture conventionnelle : une indemnisation chômage réduite

À compter du 1er septembre 2026, la durée maximale d’indemnisation par l’assurance chômage après une rupture conventionnelle est réduite. La durée d’indemnisation ne diminue pas de la même manière pour tous les salariés. La réduction dépend de leur tranche d’âge et de leur lieu de résidence.

En France métropolitaine :

  • Pour les salariés de moins de 55 ans : 15 mois (18 mois auparavant)
  • Pour les salariés de 55 à 56 ans : 20,5 mois (22,5 mois auparavant)
  • Pour les salariés de 57 ans et plus : 20,5 mois (27 mois auparavant)

 

Un point de vigilance mérite votre attention : c’est la date de fin effective du contrat, et non celle de la signature ou de l’homologation, qui détermine le régime applicable. Les salariés seniors sont les plus concernés, et les demandes d’information de vos collaborateurs vont mécaniquement augmenter. Anticiper ces échanges, c’est accompagner les départs avec clarté.

3. Fait générateur des cotisations : le rendez-vous du 1er janvier 2027

Voici une évolution plus technique, mais dont les enjeux de conformité sont majeurs. À compter du 1er janvier 2027, les règles du fait générateur deviennent pleinement opposables. Le principe : les cotisations sociales se calculent en fonction de la période d’activité à laquelle se rapporte la rémunération, et non plus de sa date de versement.

Cela concerne tous les éléments versés en décalé : rappels de salaire, primes, heures supplémentaires, commissions, indemnités, régularisations. Chacun devra être rattaché à sa période d’origine pour appliquer les taux, plafonds et exonérations en vigueur à cette date. C’est notamment le cas des allègements de charges patronales, dont le calcul dépend de la période concernée. À la clé, une exigence de cohérence renforcée entre la paie, la DSN et les données RH, et une meilleure traçabilité des traitements.

L’enjeu est réel : un rattachement erroné expose à des anomalies déclaratives, à des régularisations complexes et à un risque de redressement URSSAF. C’est le sujet sur lequel il vaut mieux avoir pris de l’avance, en auditant dès maintenant les rubriques de gestion de la paie concernées.

Pour les cas pratiques, les tolérances et l’impact sur la DSN, je consulte le décryptage complet : Fait générateur paie : ce qui change au 1er janvier 2027

4. Bulletin de paie : le modèle pérenne obligatoire au 1er janvier 2027

À compter du 1er janvier 2027, le modèle pérenne du bulletin de paie deviendra obligatoire. Cette échéance, initialement fixée au 1er janvier 2026, a été reportée par l’arrêté du 11 août 2025. Jusqu’au 31 décembre 2026, les entreprises peuvent continuer à utiliser le modèle dérogatoire actuel. Le montant net social, quant à lui, figure obligatoirement sur les bulletins pour les rémunérations versées depuis le 1er juillet 2023.

La refonte porte sur la présentation du bulletin, l’ordre des rubriques et leurs libellés. Elle ne modifie pas, en elle-même, les règles de calcul de la paie. Les cotisations et contributions sociales sont désormais réparties entre deux blocs. Le premier regroupe les cotisations obligatoires, dont celles relatives à la Sécurité sociale, à la complémentaire santé obligatoire et à la retraite complémentaire. Le second rassemble les cotisations facultatives, notamment la prévoyance et la retraite supplémentaire.

Les exonérations et allègements de cotisations restent identifiés dans une rubrique dédiée. Un nouveau bloc « Remboursements et déductions diverses » réunit notamment les frais de transport, les titres-restaurant et les chèques-vacances. Les lignes relatives à l’évolution de la rémunération liée à la suppression des cotisations salariales chômage et maladie ainsi qu’à l’allègement de cotisations employeur disparaissent. Le montant brut et le montant net à payer sont, quant à eux, davantage mis en évidence.

Pour les équipes paie, cette nouvelle organisation implique de contrôler les regroupements, les sous-totaux et les éventuels paramétrages personnalisés. Une phase de recette sur des situations représentatives permettra de vérifier la présentation des bulletins avant leur mise en production.

5. Nouveaux codes APE : la mise à jour de la NAF au 1er janvier 2027

Dernière échéance, plus administrative mais à ne pas négliger : au 1er janvier 2027, l’Insee attribuera automatiquement un nouveau code APE à toutes les entreprises, dans le cadre de la mise à jour de la nomenclature NAF 2025. L’objectif est de mieux refléter les activités économiques actuelles et d’harmoniser la nomenclature française avec les standards européens.

À noter : ce changement est essentiellement statistique et administratif, sans impact juridique direct, et il ne modifie pas automatiquement votre convention collective ni vos obligations sociales. Vous pouvez d’ailleurs consulter votre futur code sur le portail Sirene, et demander une révision s’il ne correspond pas à votre activité réelle.

Côté paie et RH, il faudra veiller à mettre à jour le code APE dans vos logiciels, contrôler les documents et déclarations qui y font référence, et vérifier que la convention collective appliquée reste cohérente avec votre activité.

Anticiper, c’est gagner en sérénité

Ces cinq réformes ont un point commun : mieux vaut les préparer en avance que les subir dans l’urgence.. Sécuriser vos déclarations, adapter vos paramétrages et informer vos équipes en amont, c’est éviter les retards d’indemnisation, les régularisations complexes et les questions de dernière minute.

Ces échéances s’inscrivent dans un mouvement de fond : la digitalisation et la fiabilisation des processus de paie et de gestion des ressources humaines.

Face à ces évolutions, vous n’avez pas à avancer seul. Les équipes de Parthena Consultant vous accompagnent pour traduire chaque réforme dans vos outils et vos processus, et sécuriser vos échéances.

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Sources officielles : Assurance maladie (ameli.fr), Service Public, Code du travail numérique, Légifrance (décrets n° 2026-498 et 2026-499 du 12 juin 2026 ; loi n° 2026-470 du 11 juin 2026 ; arrêté du 11 août 2025 relatif au bulletin de paie). Les données réglementaires étant susceptibles d’évoluer, elles sont à vérifier à la date de consultation.

Cindy Roméo - Chaf de marché Paie et RH

Rédigé par Cindy Roméo

Cheffe de Marché Paie et RH

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Cindy Roméo accompagne depuis plus de 20 ans les Directions des Ressources Humaines dans leur transformation digitale et dans la mise en œuvre de solutions intégrées. Elle partage son expertise pour aider les DRH à fluidifier et automatiser leurs processus, au service d’une gestion RH plus fiable et performante.

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